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samedi 25 février 2017

Chère Laura


Laura est fille unique d'un couple de la bourgeoisie victorienne. Princesse chérie de son père qui cède à tous ses désirs, elle mène une vie douce et agréable dans cette société pourtant austère.
Adulte, Laura se marie, comme il se doit, avec un homme plus âgé qu'elle. Elle passe de l'amour de son père à celui de son mari et, mis à part le devoir conjugal, Laura ne conçoit pas de changements dans sa vie, même si son mari est un homme autoritaire et sévère soucieux des convenances et de l'honneur.
Mère aimante, épouse fidèle et attentionnée, menant une vie sage et discrète, c'est avec stupéfaction qu'elle découvre son mari décédé alors qu'elle l'avait veillé toute la nuit afin de lui administrer ses remèdes et d'être à son écoute.
Dans ce monde codifié et policé, il faut être très diplomate pour mener l'enquête, car il s'avère qu'il s'agit d'un empoisonnement.
Hors de question de déclencher un scandale qui nuirait à la famille dont il ternirait pour des décennies le nom et la renommée, mais pas question, non plus, de laisser échapper le coupable ou la coupable, car il ne peut s'agir que d'une femme.
D'ailleurs, n'a-t-on pas reçu des lettres pour Monsieur apportées par une "fille" qui cherchait vraisemblablement à dissimuler son identité ?
(James Joseph Jacques Tissot)

Que j'aime cet humour "so british" qui sait se glisser partout, même au coeur des histoires les plus banales comme les plus sordides. Cet humour qui rend les choses trop évidentes s'il n'y avait le respect des apparences, des convenances et du quand dira-t-on. De toutes façons, si chacun savait rester à sa place, ces choses là n'arriveraient pas, n'est-il pas ?
Ces préjugés si chers au siècle de Victoria et qui viennent tout fausser, même les enquêtes policières.

dimanche 31 juillet 2016

Lolita

Arte, 22h50 : Lolita
Film de Stanley Kubrick (Lolita, GB, 1962). Scénario : Vladimir Nabokov, d'après son roman. Image : O. Morris. Musique : B. Harris, N. Riddle. 150 mn. NB. Avec Sue Lyon : Lolita. James Mason : Humbert Humbert. Shelley Winters : Charlotte Haze. Peter Sellers : Clare Quilty.
L'Ecrivain Humbert Humbert vient d'obtenir une chaire de littérature française à l'université de Ramsdale. Il trouve une chambre chez une jeune veuve, Charlotte Haze, qui tombe rapidement amoureuse de lui. Mais les yeux d'Humbert ne voient que Lolita, l'aguichante et troublante fille de Charlotte. Pour être sûr de rester toujours auprès de la gamine, il finit par céder aux multiples avances de sa mère et accepte de l'épouser. Un accident vient à point nommé abréger la vie de Charlotte, au moment même où elle apprend la vérité sur les sentiments de Humbert. L'écrivain entraîne alors Lolita dans une folle passion qui le mènera jusqu'au meurtre de Clare Quilty, le premier amant de Lolita...
(source Télérama)

Humbert Humbert, professeur de lettres rédige sa confession à la veille de sa comparution pour meurtre. Il a en effet assassiné l'amant de celle dont il est épris, une gamine de 14 ans, Lolita.
Il l'a connue quelques années plus tôt, elle était la fille de sa logeuse. Pour mieux approcher l'adolescente, il a épousé sa mère qui décède rapidement de manière accidentelle, si bien qu'il devient le tuteur de Lolita, dont il peut commencer l'éducation et l'initiation.
Lolita, à la fois trop candide et trop aguicheuse, accepte la passion de cet homme puis le quitte pour Clare Quilty. H.H. met tout en oeuvre pour les retrouver et tue l'amant de la jeune fille...
Paru pour la première fois en 1955 à Paris, ce roman qui semble faire l'apologie de la pédophilie est, en fait, présenté par son auteur comme un livre sans morale dans lequel il se garde de prendre parti, puisque l'histoire est rédigée sous forme de confession par le narrateur.
Depuis sa parution et son adaptation cinématographique, Lolita a suscité bien des controverses et fait couler beaucoup d'encre, tant par le thème sulfureux de l'histoire que par la critique sous-jacente  de l'Amérique puritaine de l'après guerre.

On peut se procurer le roman chez Gallimard en collection Folio, n° 3532,
EAN 978-2070412082


vendredi 15 avril 2016

La Couleur du lait


Mary est la benjamine d'une famille de paysans dans le Dorsett au XIXe siècle. Elles sont quatre filles, leur mère et le grand-père infirme maltraités par le père qui ne rêve que d'argent et de bras utiles pour sa ferme misérable.
Un jour Mary doit quitter sa famille pour aller vivre au village chez le pasteur et s'occuper de sa femme souffrante. Mary ne souhaitait pas y aller, mais elle n'a pas le choix, le pasteur paie son père chaque mois pour ses services. Auprès d'elle l'adolescente découvre un univers qu'elle ne soupçonnait pas, la douceur, la gentillesse.
Malheureusement, l'épouse du pasteur décède. Ce dernier licencie la gouvernante et ne garde que Mary à son service. Elle se retrouve donc seule avec un homme en apparence irréprochable.










La Couleur du lait est un récit bref (174 p.) mais très dense émotionnellement. 
Rédigé à la première personne par la narratrice, il raconte en cinq chapitres, cinq saisons, 
un peu plus d'une année de la misérable vie de l'adolescente. 
Ecrit de façon réaliste, la forme du texte désarçonne un peu au début par l'absence de majuscule en début de phrases, de tirets et guillemets pour ponctuer les dialogues, mais on fait très vite abstraction de ce détail en se laissant prendre aux mots de Mary.
Jusqu'au bout de l'histoire on veut croire qu'elle va s'en sortir, que sa vie n'est pas une brève tragédie dont elle est la victime, mais Nell Leyshon n'est pas Charles Dickens et n'a pas vocation à nous faire rêver semble-t-il...
La Couleur du lait est son premier ouvrage traduit en français.

De ce roman, je retiendrai surtout cette phrase de Mary : "souvent une histoire se passe plus vite qu'il ne faut de temps pour l'écrire."