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lundi 6 mars 2017

Mars


Ah que Mars est un joli mois,
C'est le mois des surprises.
Du matin au soir dans les bois.
Tout change avec les brises.

Le ruisseau n'est plus engourdi
La terre n'est plus dure.
Le vent qui souffle du midi
Prépare la verdure.

Le rossignol n'est pas venu
Rempli de douces notes.
Mais déjà sur le hêtre nu
Résonnent les linottes.

Par dessus la haie en éveil
Fier des ses feuilles écloses
On voit le pêcher au soleil
Ouvrir ses bourgeons roses.

Gelée et vent, pluie et soleil
Alors tout a des charmes.
Mars a le visage vermeil
Et sourit dans ses larmes.

Alfred de Musset

dimanche 5 mars 2017

Femme noire

Femme noire

Léopold Sédar SENGHOR

Recueil : Chants d'ombre

Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au coeur de l’Été et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Vous prendrez bien une tasse de thé


J'ai découvert ce thé dernièrement dans une boutique qui bradait pour cause de départ à la retraite. Il semblerait qu'il dépende de la Compagnie Coloniale.
C'est un mélange Ceylan-Assam avec une touche de bergamote. Il ne pouvait donc que me tenter.
Ce thé est assez "costaud" et âpre, comme je les aime, d'une belle couleur d'ambre foncé, adouci par la bergamote qui reste mon arôme favori.

Un bémol pour la bergamote que je trouve un peu trop discrète à l'odeur comme au goût , mais il est agréable à boire au petit déjeuner et pour se requinquer après avoir pris froid ou marché sous la pluie.
Pour l'apprécier, le mieux est d'avoir la main légère sur la quantité et ne pas dépasser les 5 minutes d'infusion.

samedi 4 mars 2017



Pluie

René-François Sully Prudhomme
Il pleut. J’entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l’averse ;
Le deuil de l’air afflige les oiseaux.

La bourbe monte et trouble la fontaine,
Et le sentier montre à nu ses cailloux.
Le sable fume, embaume et devient roux ;
L’onde à grands flots le sillonne et l’entraîne.

Tout l’horizon n’est qu’un blême rideau ;
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;
Sur le pavé sonore et bleu des routes
Il saute et luit des étincelles d’eau.

Le long d’un mur, un chien morne à leur piste,
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;
La terre est boue et le ciel est brouillard ;
L’homme s’ennuie : oh ! que la pluie est triste !
Stances et poèmes

Le Printemps des poètes 2017


Cette année, Le Printemps des poètes est consacré à l'Afrique principalement, ainsi qu'aux Antilles, Madagascar, Maurice et Mayotte.
A ma grande surprise, il n'est pas fait mention de la Réunion.
Ce ne sera pas facile pour moi de parler de ces poésies et de leurs auteurs, car mes connaissances se limitent à Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Tahar Ben Jelloun.
Là aussi, je suis surprise par une grande absente, à savoir Andrée Chédid qui nous a légué une oeuvre aussi riche que belle.
Promis, dans la liste d'auteurs proposée par le Centre national de ressources pour la poésie, je chercherai quelques textes, mais je me donne le droit de voir auprès d'une amie de Cilaos (Réunion) si elle peut me fournir des textes de poètes réunionnais à vous faire découvrir, de vous offrir des textes d'Andrée Chédid, même  s'ils ne chantent pas l'Afrique elle-même et, pourquoi pas, des extraits d'oeuvres poétiques d'auteurs qui, tels Blaise Cendrars, ont aimé et connu l'Afrique. Ayant quelquess amis kabyles, je verrai avec eux s'il existe aussi des auteurs amazigh qui ont été traduits.

En attendant, je vous mets cette petite publication quant aux spectacles de la Compagnie Catimini et Katryne Gentil, tout en vous informant que cela se passera à Saint Hilaire de Riez (85 270). Amis vendéens et proches voisins, à vos agendas.

Au mois de mars c'est poésie


Le mois de mars est consacré à la poésie avec des manifestations comme le Printemps des poètes, mais la poésie, de toutes façons, c'est où on veut et quand on veut.

Comme aujourd'hui, j'y pense, je vais tâcher de vous trouver un petit poème, simple, gentil, joli, quelque chose de léger qui me sortira de Céline et de la seconde guerre mondiale dans Les Enfants de la liberté de Marc Lévy.

lundi 27 février 2017

Voyage au bout de la nuit


Mais quelle idée!!! Franchement, je me demande à quoi j'ai pensé en choisissant Voyage au bout de la nuit pour la rubrique 66 du Défi lecture 2017 : Un livre qui a suscité une polémique lors de sa parution.
C'est que cela fait une éternité que je veux le lire, que je dois le lire, plus de 30 ans, c'est sûr, mais je n'avais aucune idée du bouquin, je n'en connaissais même pas le sujet. Tout ce que je savais de Céline, c'est qu'il était anti-sémite, avait soutenu le régime de Vichy, approuvé les idées d'Hittler et que pendant sa fuite à la Libération, il ne s'était pas séparé de son chat Bébert.
Autant dire que je ne le connaissais pas.
Alors, primo, le livre est un pavé, écrit tout petit et serré. Le style de Céline est déstabilisant, surtout ses tournures de phrases. Même s'il y a un fil conducteur, l'histoire est assez décousue et saute, parfois du coq à l'âne. J'ai beaucoup de difficultés à saisir ses idées. J'ai l'impression qu'il y a des jeux de mots dans les noms de famille, mais peut-être est-ce mon imagination, et en quatre jours, j'ai, à peine lu 92 pages...

Bref, je crois que je vais entrecouper cette lecture de romans plus légers répondant aussi aux catégories du Défi, sinon, je risque fort d'y être encore l'année prochaine, si je ne suis pas morte d'ennui avant.
Ha oui, comme si ce n'était pas suffisant, pour la catégorie "un auteur ayant reçu le prix Nobel de littérature", j'ai opté pour Les Dieux ont soif d'Anatole France...

Dieu merci, il me reste le Thé pour tenir