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dimanche 31 janvier 2016

Jean-Pierre Claris de Florian


Jean-Pierre Claris de Florian est venu au monde le 6 mars 1755 à Sauve dans le Gard.
Issu d'une famille noble, il est destiné à la carrière des armes.
Apparenté à Voltaire, il est présenté à ce dernier dans sa propriété de Ferney, il a alors dix ans,
avant de partir vivre à Paris chez un oncle.
A treize ans, il devient page au service du duc de Penthièvre, mais la vie de garnison ne lui convenant pas, il est réformé tout en conservant son grade, ce qui lui permet de suivre le duc au gré de ses affectations et de se consacrer à sa carrière littéraire, dont nous avons surtout retenu les fables.
Elu membre de l'Académie française en 1788, il est obligé de quitter Paris pour Sceaux lors de la Révolution
et est arrêté en 1794. Il recouvre la liberté après la chute de Robespierre et retourne vivre à Sceaux où
il meurt brutalement le 13 septembre 1794 de la tuberculose, contractée quelques années auparavant et que la détention n'a pas manqué d'aggraver.

vendredi 29 janvier 2016

Le Chat et les Rats


Un angora, que sa maîtresse
Nourrissait de mets délicats,
Ne faisait plus la guerre aux rats:
Et les rats, connaissant sa bonté, sa paresse,
Allaient, trottaient partout, et ne se gênaient pas.
Un jour, dans un grenier retiré, solitaire,
Où notre chat dormait après un bon festin,
Plusieurs rats viennent dans le grain
Prendre leur repas ordinaire.
L’angora ne bougeait. Alors mes étourdis
Pensent qu’ils lui font peur; l’orateur de la troupe
Parle des chats avec mépris.
On applaudit fort, on s’attroupe,
On le proclame général.
Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal:
Braves amis, dit-il, courons à la vengeance.
De ce grain désormais nous devons être las,
Jurons de ne manger désormais que des chats
On les dit excellents, nous en ferons bombance.
À ces mots, partageant son belliqueux transport,
Chaque nouveau guerrier sur l’angora s’élance,
Et réveille le chat qui dort.
Celui-ci, comme on croit, dans sa juste colère,
Couche bientôt sur la poussière
Général, tribuns et soldats.
Il ne s’échappa que deux rats
Qui disaient, en fuyant bien vite à leur tanière :
Il ne faut point pousser à bout
L’ennemi le plus débonnaire;
On perd ce que l’on tient quand on veut gagner tout.

Jean-Pierre Claris de Florian